26 mars 2006
Salut à tous ?
Alors est-ce que vous commencez à ressentir les prémices du printemps ? ça se réchauffe un peu ?
Nous c’est toujours la canicule mais il paraît que mars est le mois le plus chaud de l’année donc on espère que ce sera mieux ensuite !
Vous avez changé d’heure ce week-end, nous restons pour notre part à la même heure, donc nous avons maintenant deux heures de décalage, quand il est 12h chez vous il est 10h pour nous.
Cette semaine c’était donc la période d’observation du fonctionnement de la clinique.
J’ai vu comment travaillent les infirmières, les sage-femmes, le laborantin, les assistants médicaux, le médecin. De son côté Séb a observé l’enregistrement des patients, la comptabilité et l’administrateur. Les choses se mettent doucement en place, Séb a maintenant un bureau dans la pièce qu’il partage avec l’administrateur. Une de ses principales taches va constituer en la recherche de fonds car nous en manquant vraiment à la clinique, pas de matériel, pas suffisamment de médicaments, tout juste de quoi payer l’équipe. Il faut dire que le HCR qui est le principal bailleur de fonds veut se désengager peu à peu de la clinique car il privilégie les aides de rapatriement au pays pour les réfugiés. Mais les gens ne repartent pas si facilement que ça, ils se sont installés dans le camp, certains depuis 15 ans, et puis ils ont vécu des atrocités dans leur pays qui est maintenant dans un triste état. Les réfugiés expriment davantage des envies d’émigration pour les USA, plutôt que de retour au pays.
Néanmoins l’équipe de la clinique (constituée de libérien du camp, d’un ghanéen, et d’un éthiopien) se démène pour soigner les gens le mieux possible. Ce qu’on voit beaucoup comme pathologies ce sont des diarrhées, des paludismes, des déshydratations chez les enfants, des cas de tuberculose, SIDA (ça reste très tabou mais il y a un grand nombre de personnes infectées)…
J’ai rencontré deux personnes qui s’occupent de toutes les personnes handicapées du camp, enfants comme adultes, elles m’ont fait une liste des personnes qui selon elles avaient un besoin urgent de kiné. Donc tout ça va s’organiser dans les jours qui viennent, je suis bien contente, il y a des tas de choses à mettre en place. On va sûrement instaurer des rencontres entre les parents d’enfants handicapés pour pouvoir discuter tous ensemble, s’entraider et leur apprendre des gestes simples pour soulager leur enfant et éviter les déformations des membres.
Ce qui n’est pas simple c’est qu’ici les gens (patients comme l’équipe) ne savent pas très bien ce qu’est un kiné, ce que je peux faire car c’est une profession qui n’existe presque pas en Afrique. Ils on tendance à me prendre pour un médecin ! Mais je leur explique peu à peu et ça va venir !
Sinon nous continuons à découvrir les habitudes culinaires des lieux grâce à Oretha, la dame qui travaille chez nous tous les matins. C’est très bon mais très épicé !
De notre côté, on se lance pour essayer de se cuisiner des petites choses, on est devenu des pros de la confiture à l’ananas ou à la mangue, et des milk-shakes aux fruits !
L’achat d’une voiture est en cours. Une personne de la SMA s’en charge pour nous, nous avons donné un budget et nos exigences (que la voiture n’ait pas encore roulé en Afrique !) et il a trouvé un véhicule, ce devrait être une Nissan Primera. Nous devrions l’avoir dans les jours qui viennent.
La semaine prochaine nous attendons la visite de Pierre Ménard, le médecin français qui suit le projet depuis le début et il devrait nous aider à définir dans le détail nos postes à la clinique.
Mercredi nous allons vivre un moment rare, une éclipse de soleil qui effraie pas mal les gens d’ici qui ont peur de devenir aveugles s’ils se trouvent simplement dehors à ce moment là !
Tout va donc pour le mieux pour nous sur la terre ghanéenne.
On vous embrasse tous
Elis et Séb
PS ; voici notre maison...



